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Livret des lectures

Valorisation de l'écrit par l'oral.

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VOIX MULTIPLES

 

Des textes polyphoniques portés par plusieurs lecteurs. Un choral où chacun participe au tissage du texte, où l’enchaînement se fait par le passage et le rebondissement de la parole.

 

LOIN D’EUX  / de Laurent Mauvignier

Comment dire le silence en littérature ? Comment exprimer cette impossibilité à parler qui tue plus sûrement qu’une arme ? Comment faire sentir avec des mots écrits, des phrases ordinaires, les tourments intérieurs de ceux qui, justement, ne trouvent pas les mots ? Il fallait à Laurent Mauvignier, auteur de ce bouleversant premier roman, autant de sensibilité que de maîtrise stylistique pour écrire l’indicible douleur du silence et le vide de la solitude. (Michèle Gazier – Télérama).

C’est pas comme un bijou mais ça se porte aussi, un secret. Du moins, lui, c’était marqué sur le front qu’il portait une histoire qu’il n’a jamais dite. Ou bien, s’il l’a dite, c’est à mi-teinte à travers des formules à lui, tout en mystères quand pour seule vérité il a laissé, griffonné dans sa chambre, sur un post-it, un bout de phrase écrit au stylo à bille noir mais dont l’encre était complètement foutue.

Lu par Julie Moulier, Marie-Noëlle Viviani

 


 

PHILIDA  /  d’André Brink

Tandis que les rumeurs d’une proche émancipation se répandent de la grande ville aux fermes reculées – l’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique sera proclamée en 1833 -, l’opiniâtre Philida, jeune esclave tricoteuse du domaine Zandvliet, qui a eu quatre enfants avec François Brink, le fils de son maître, brise peu à peu ses entraves au fil d’un chemin jalonné de luttes, de souffrances, de révélations, d’espoir. Un roman à la langue poétique, écrit à partir d’un épisode de l’histoire familiale de l’auteur.

La merde commence. Un seul regard et je sens que ça vient. Je fais tout ce chemin à pied et Dieu sait comme c’est dur, avec le petit sur le dos dans son abbadoek et maintenant plus question de retourner en arrière, c’est droit en enfer et c’est la fin. Là devant moi, c’est l’homme à qui parler si je veux déposer une plainte, on me dit, ce grootbaas si grand et blanc et maigre et osseux, des sillons au front comme un champ de blé vite labouré, et un nez comme une patate douce toute pourrie.

Lu par Estelle Meyer, Lionel Lingelser, Jérémie Bédrune ou Pierre-François Garel.

 


 

LE FUSIL DE CHASSE / de Yasushi Inoué

Le fusil de chasse raconte l’histoire d’une liaison entre un homme marié et une jeune femme divorcée, mère d’une grande fille. Trois lettres, trois récits à la première personne qui forment les faisceaux d’un drame. Trois voix mêlées, trois destins brisés, et la même amertume dans un récit cruel, froid, destructeur, implacable, écrit dans une langue subtilement dépouillée.

J’ai brûlé le Journal dans le jardin, aujourd’hui. Le grand cahier est devenu une poignée de cendres, et, tandis que j’allais chercher un peu d’eau pour noyer le feu, un léger tourbillon a tout dispersé, en même temps que les feuilles mortes. (Lettre de Shoko).

Lu par Pauline Huruguen, Sofia Teillet et Estelle Meyer