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Livret des lectures

Valorisation de l'écrit par l'oral.

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ESSAIS ET TEMOIGNAGES

livre ouvert recadré

 

Des regards qui scrutent le monde, tentent de le comprendre ou simplement d’en témoigner avec une qualité d’écriture où sensibilité ou humour, émotion ou fantaisie ne sont pas laissés pour compte.

 

AMERICAN DESPERADO / de Jon Roberts et Evan Wright

Les souvenirs de Jon Roberts, un des plus grands gangsters américains, où sont mélangés l’humour de Woody Allen avec le gore de Tarantino. Une plongée dans la mafia et le monde de la nuit où l’on croise Jagger, Cassavetes ou Hendrix, les mémoires de l’un des plus grands criminels américains du XXe siècle.

Pour se débarrasser d’un cadavre, le moyen le plus simple c’est le bateau. Parvenu au large, on explose les dents de l’indic à coups de marteau avant de les jeter par-dessus bord. Puis, avec un couteau bien aiguisé, on ouvre le corps de l’anus au plexus. Les intestins sautent comme du popcorn. (…) Les cadavres flottent à cause des gaz que produisent les sucs intestinaux. Pas d’intestins, pas de problème.

Lu par Jérémie Bédrune

 


 

33 LEÇONS DE PHILOSOPHIE par et pour les mauvais garçons / d’Alain Guyard

Où les philosophes sont révélés sous leur vrai jour : des mauvais garçons, en butte à l’autorité religieuse, politique de leur temps, en bagarre constante contre la bêtise, parfois en fricotant furieusement avec les limites de la légalité. Trente-trois cours théoriques pour dépoussiérer la philosophie suivis d’exercices pratiques cocasses, surprenants et/ou cochonesques.

N’en déplaise à tous les demi-sel en chemise échancrée et cheveux mi-longs, avec leurs allures de chichiteuses dames pipi du Café de Flore, la philo n’est pas une affaire d’intello. Son fondateur, Socrate, est un chômeur de longue durée, espèce de va-nu-pieds incapable de reprendre l’entreprise paternelle de taille de caillasses.

Lu par Jérémie Bédrune

 


 

 LE MANIFESTE DU PARTI COMMUNISTE / de Karl Marx et Friedrich Engels

On ne peut prétendre que quelques belles pages peuvent à elles seules changer la face du monde. L’œuvre de Dante tout entière n’a pas suffi à rendre un saint empereur romain aux Communes italiennes. Toutefois, lorsque l’on parle de ce texte que fut le Manifeste du Parti communiste publié par Marx et Engels en 1848 et qui a, indéniablement, exercé une influence considérable sur deux siècles d’histoire, je pense qu’il faut le relire du point de vue de sa qualité littéraire ou, du moins, de son extraordinaire structure rhétorique et argumentative.  » Umberto Eco

Partout où elle (la bourgeoisie) a conquis le pouvoir, elle a foulé aux pieds les relations féodales, patriarcales et idylliques. Tous les liens complexes et variés qui unissent l’homme féodal à ses « supérieurs naturels », elle les a brisés sans pitié pour ne laisser subsister d’autre lien, entre l’homme et l’homme, que le froid intérêt, les dures exigences du « paiement au comptant ». Elle a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité petite-bourgeoise dans les eaux glacées du calcul égoïste. Elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d’échange ; elle a substitué aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l’unique et impitoyable liberté du commerce. En un mot, à la place de l’exploitation que masquaient les illusions religieuses et politiques, elle a mis une exploitation ouverte, éhontée, directe, brutale.

Lu par Pierre-François Garel

 


 

LE VIF DU VIVANT / de Lydie Salvayre

Écrit tel un chant révolutionnaire, plein de ferveur et de rage, l’hommage de Lydie Salvayre à Picasso sonne comme une charge contre notre époque. (…) On se doutait bien que Lydie Salvayre aimait Picasso : pour ses origines espagnoles, pour ce mélange d’aristocratie et de vulgarité qui trouve chez l’écrivain son équivalent (les mots crus du sexe cohabitent avec ceux de la langue des Lumières). Mais l’élan qui emporte ici les phrases vient de plus loin que d’une simple admiration. Il y a de la rage et de l’amour dans Le Vif du vivant. (Le Matricule des anges)

Picasso ouvre les yeux peureux des hommes d’aujourd’hui dont les paupières se referment aux moindres surprises du regard, les yeux de ceux chez qui le refus entêté de percevoir la beauté aussi bien que l’horreur s’est mué dès longtemps en habitude d’être. Il ouvre leurs yeux obstrués sur la jouissance et sur la vie dont ils se sont désaccoutumés, la jouissance et la vie qu’il peint mieux que personne en pariant sans défaillir sur leur irréductible contamination.

Lu par Stanislas Roquette